Le blog de Reliez-vous

Un article entre vous et nous.

Le véritable sens du lien

Le véritable sens du lien
Reliez-Vous et La Raison Des Mots tissent des jolis liens !

Nos valeurs partagées

Reliez-Vous rapproche des personnes et leur propose de rassembler leurs pensées, leurs vœux, leurs souvenirs pour en faire l'objet d'un album de témoignages… relié.

La Raison Des Mots (www.laraisondesmots.fr) est un projet de micro-éditions consacré aux mots, à leurs sens, à leur histoire, à leurs emplois en littérature, en poésie, en philosophie et fait le lien entre toutes ces dimensions des mots. Parce que les mots sont aussi ce qui nous relie les uns aux autres, qu’ils nous sont précieux pour créer des liens, du lien… et pour imaginer les fabuleux albums de témoignages de Reliez-Vous que vous pourrez offrir à ceux que vous aimez.

Pour fêter le lancement du site Reliez-Vous, l’équipe de La Raison Des Mots est heureuse de vous offrir le mot « lien » :

Le mot lien

Le mot « lien » est issu du latin « ligamen » (ruban, cordon, bandage), qui est lui-même dérivé du verbe « ligare » (lier, attacher, assembler, unir, joindre) ; ce verbe a donné naissance, en français, à une riche famille de mots au nombre desquels on compte, entre autres, « ligature », « ligoter », « liane », « ligue », « reliure », « liasse », « liaison » et, de façon moins évidente, « obliger » (lier par un contrat, un service, un engagement), ou encore « allier » (unir). Le lien est donc d'abord une entrave, qu'on pourra dénouer, « délier » : « délier les mains d'un prisonnier », « l'âme déliée du corps ». « Délier », c'est donc « délivrer » ; mais l'adjectif « délié », lorsqu'il qualifie un esprit subtil, fin, ou bien les « pleins et les déliés » d'une écriture, n'est pas, malgré les apparences, une forme du verbe « délier » : c'est un mot tiré du latin « delicatus ». La confusion s'explique facilement : un esprit subtil est peut-être celui qui a pu ou su se défaire, s'affranchir de certains liens… Si donc le lien est ce qui retient, ce qui assujettit, ce qui enserre (on parlait d'un « fou à lier »…), il est aussi ce qui unit affectivement, moralement ou juridiquement : on parlera de liens d'amitié, de tendres liens, de liens de famille ou de liens du sang, des liens du mariage, de la nécessaire préservation du lien social… On peut donc, au sens figuré comme au sens propre, voir des liens se nouer, se tisser, se resserrer ou se distendre, se relâcher et se rompre. Mais si le lien peut être d'ordre sentimental, il est souvent d'ordre logique : on parlera alors du lien de cause à effet, du lien entre les idées, entre les mots et les choses, entre les faits. Il existe donc des liens qui aliènent (le fait que le mot « lien » apparaisse dans « aliéner » est pure coïncidence orthographique, le verbe étant issu du latin « alienus », autre : être aliéné, c'est devenir autre que ce qu'on est), mais aussi des liens qui libèrent (tel est le nom choisi par une maison d'édition parisienne) : ceux qu'on peut nouer, comme Montaigne l'explique dans le chapitre des Essais (III, 3) intitulé « De trois commerces » (le mot signifie ici « fréquentation »), avec les « honnêtes et habiles hommes », avec les « belles et honnêtes femmes » et surtout avec les livres, commerce qui est « bien plus sûr et plus à nous ».

Bruno de Reliez-vous